Depuis les États-Unis, où elle vit depuis 1988, Gabriele Eckart continue d’explorer la part la plus marquante de son existence : la période de sa jeunesse vécue en RDA, pays où elle a connu la gloire littéraire puis la persécution. Il est regrettable que ses publications ne soient presque plus prises en compte en Allemagne, où ses ouvrages paraissent dans l’indifférence générale sans faire l’objet de comptes rendus critiques.
Sa patrie d’adoption avait occupé une place prépondérante dans ses dernières publications, puis elle s’était penchée de nouveau sur la Thuringe, sa région d’origine, à travers deux romans à dimension locale (Vogtlandstimmen, 2021 et Schrappel, 2023). En 2025, elle rassemble dix récits dont les cinq premiers ont trait à sa vie en RDA, les autres se déroulant aux Etats-Unis. L’un d’entre eux, dédié à la poétesse Elke Erb, avait d’ailleurs été tout d’abord publié dans ce carnet de recherches en 2023. Le court récit Schildkröten, quant à lui, s’inscrit dans le fil de ses multiples récits sur les animaux domestiques, Continuer la lecture de « Ach du! Zehn Geschichten, Gabriele Eckart. »
De Navid Kermani à Deniz Ohde en passant par Abbas Kidder, Feridun Zaimoglu, Saša Stanišić, Fatma Aydemir, Maxim Biller, Nino Haratischvili pour ne citer que quelques noms, on ne compte plus les plumes allemandes mit Migrationshintergrund, issues de l’immigration, dirait-on en français. Elles et ils sont établis dans la vie intellectuelle et le paysage éditorial allemands. Mais rares sont les voix qui font état de l’expérience d’immigrer ou de naître dans une famille issue de l’immigration en RDA ou dans les dits « Nouveaux Länder ».
Amina Padda est née en 1999 dans une famille indienne installée en Saxe juste après la réunification. Son second roman Bevor der Himmel reißt (2025)[1] raconte le quotidien de Heer et Dilly, lycéens de 17 ans dans une petite ville de Saxe fictive baptisée Piesnitz. Comme l’auteure, Heer et Dilly, alternativement narratrice et narrateur de l’histoire, sont nés eux aussi dans des familles d’origine indienne et sikh (Dilly porte le turban) ; tous les deux parlent punjabi à la maison. Comme les parents de l’auteure, leurs deux familles gèrent des take away indiens. Dans la fiction, les deux familles se détestent. Tels Roméo et Juliette, les deux adolescents devront surmonter l’inimitié des familles. Dilly (le garçon) s’apprête à passer l’Abitur et voudrait faire des études d’architecture. Heer (la fille) redouble sa seconde et se remet difficilement de la mort de son père dans un accident de voiture qui ressemble à un suicide.
Carola Hähnel-Mesnard, Professeure, Université de Lille, présidente
Sylvie Le Grand-Ticchi, Maîtresse de conférences HDR, Université Paris Nanterre
Daniel Meyer, Professeur, Université de Strasbourg, rapporteur
Anne-Marie Pailhès, Professeure, Université Paris Nanterre, directrice
Résumé
Ce travail se compose de trois parties : la première, intitulée « Une écriture de l’histoire », montre comment l’auteur, par le choix engagé du roman, met en valeur l’individu ordinaire.
L’attention portée au quotidien, la place du langage et le choix de l’anecdote sont autant d’éléments qui suggèrent une autre vision de l’histoire, celle qui accorde une importance à l’expérience de tout un chacun, et celle, inspirée du philosophe Walter Benjamin, qui se place du côté des vaincus. La deuxième partie s’intitule « Mettre le doigt sur les blessures. Un univers d’offensés ». Elle s’apparente à un gros plan sur les offenses : elle montre comment l’écrivain part à la rencontre des offensés de l’histoire et développe une écriture de la hantise. Enfin, la troisième partie, intitulée « La révolte de Christoph Hein », constitue un appel de l’auteur à se relever, à ne pas se résigner. L’approche se veut transversale : nous ne traitons pas chaque roman isolément et pour lui-même mais dans un dialogue les uns avec les autres. Même si le corpus se limite à cinq romans, nous ne nous interdisons pas d’évoquer les autres romans dans nos analyses au nom
de la forte complémentarité qui les relie. Et plus largement, nous n’éliminons aucun texte de l’auteur, ni les pièces de théâtre, ni surtout les essais qui accompagnent sans cesse la réflexion.
La méthode du close reading privilégie l’attention au texte afin de mettre au jour un mode d’écriture spécifique. La démarche est complétée par la lecture d’ouvrages théoriques ‒ historiques, sociologiques et philosophiques ‒ qui permettent de comprendre et d’interpréter certains choix de l’écrivain.
A l’Est tout comme à l’Ouest, les bandes dessinées fut décriées car considérées comme des lectures néfastes, dépravant la jeunesse[1], et jugées inconciliables avec les conceptions que l’on pouvait avoir de l’éducation de cette dernière[2]. Le Parti socialiste unifié d’Allemagne (SED) non seulement voyait dans ces magazines multicolores inspirés par l’Ouest un danger en matière d’éducation culturelle, mais il craignait que s’exerce de la sorte une influence politique. En 1953 à Berlin-Est, des enfants furent ainsi invités, dans le cadre de l’opération « A la poubelle les mauvaises lectures », à échanger « de vieux bouquins contre de bons livres pour enfants » [3]. On a donc du mal à croire qu’il put exister malgré tout en RDA, à partir du milieu des années 1950, des bandes dessinées et une communauté importante de fans de BD, ne concernant pas seulement les enfants et les adolescents. Continuer la lecture de « MOSAIK, un mythe? Hannes Hegen, son œuvre et ses fans »
Paul Maurice a soutenu sa thèse de doctorat le 9 décembre 2025 à Sorbonne Université.
Elle était dirigée par Hélène Miard-Delacroix et Dietmar Hüser, en cotutelle entre la Faculté des Lettres Sorbonne Université (Sorbonne Université) et l’Universität des Saarlandes.
Directeur et directrice : Dietmar Hüser , Hélène Miard-Delacroix
Membres du jury :
Emmanuel Droit (Président, Sciences Po Strasbourg)
Permanence des élites traditionnelles et intégration des permanents dans l’élite socialiste en RDA.
Jürgen Kuczynski, figure de sage et marxiste-bourgeois à l’Avant-garde de l’histoire économique est-allemande
La thèse analyse la trajectoire de Jürgen Kuczynski en RDA, comme observatoire privilégié des continuités bourgeoises au sein d’un État qui prétendait abolir les élites de classe, en prenant pour terrain la communauté des historiens de l’économie structurée autour de sa personne. Elle propose de lire la Wirtschaftsgeschichte est‑allemande non seulement comme discipline de légitimation marxiste du régime, mais aussi comme espace de reproduction d’un habitus intellectuel bourgeois reconfiguré sous la catégorie socialiste de l’Intelligenz. Le point de départ réside dans la mise en scène autobiographique par Jürgen Kuczynski de son engagement communiste, présenté comme un continuum téléologique depuis son adhésion au KPD le 14 juillet 1930 jusqu’à la fin de la RDA et à sa mort en 1997, ce qui invite à interroger la manière dont il justifie rétrospectivement sa place dans un régime dictatorial. La question centrale est dès lors de déterminer dans quelle mesure le milieu des historiens de l’économie qui l’entoure peut être appréhendé comme une élite « bourgeoise-marxiste » pérenne, située à l’articulation du Parti, de l’État et de l’université, au sein d’un système qui récuse officiellement l’existence même de telles élites.
Le travail de recherche articule l’histoire des élites, la sociologie bourdieusienne des trajectoires et l’histoire sociale et culturelle de la dictature est-allemande, en mobilisant notamment les notions de « groupe caché » (Sandrine Kott), d’Intelligenz et d’Avant-garde léniniste. L’hypothèse du travail était que la RDA, loin d’abolir l’ancienne bourgeoisie intellectuelle, offre les conditions de sa reconversion partielle en élite socialiste, tout en préservant des formes de distinction anti‑ ou a‑égalitaires. Jürgen Kuczynski apparaît comme une figure limite, cumulant les différentes dimensions d’élite identifiées par Ralph Jessen (fonctionnelle, de performance, de position, de valeur, de provenance, masculine) et incarnant cet oxymore d’« intellectuel bourgeois‑marxiste » décrit par Axel Fair‑Schulz. Pour éviter l’« illusion biographique » définie par Pierre Bourdieu, la thèse adopte une approche de biographie socio‑historique centrée sur le segment RDA de la vie de Kuczynski, relié à l’héritage décisif de l’exil britannique (1936-1945), et l’articule à une prosopographie du milieu des historiens de l’économie (anciens et anciennes étudiant.e.s, collaborateurs et collaboratrices, collègues), en particulier les trajectoires des historiennes de l’économie promues sous son égide, qui manifestent à la fois une réelle ouverture aux femmes et la persistance d’un paternalisme académique.
Les résultats mettent d’abord en évidence le rôle structurant de l’exil britannique (1936‑1945) dans la carrière est‑allemande de Jürgen Kuczynski : maîtrise de l’anglais, réseaux scientifiques et politiques, expérience d’organisation militante constituent un capital spécifique qui facilite sa position de médiateur entre RDA et monde occidental, mais nourrit aussi une méfiance durable de la part du SED, visible dans les dossiers de la Stasi des campagnes des autorités contre lui. Ensuite, l’analyse du réseau des historiens de l’économie montre la formation d’un milieu relativement homogène socialement, doté d’un capital académique élevé, souvent internationalisé, et fonctionnant comme élite académique chargée de produire un récit historique marxiste de la RDA tout en préservant des formes de distinction bourgeoise dans les pratiques (recrutement, hiérarchies internes, styles de vie, accès aux ressources). Les travaux conduits sous son autorité s’inscrivent largement dans la doxa marxiste‑léniniste, ce qui fait de Jürgen Kuczynski un communiste loyal plutôt qu’un « dissident dans l’orthodoxie » (« linientreuer Dissident ») comme il aime à se décrire lui-même. L’organisation concrète de son institut d’histoire économique, à l’Université Humboldt, puis à l’Académie des sciences, révèle des marges d’autonomie significatives par rapport à l’égalitarisme proclamé : valorisation de la compétence scientifique selon des critères classiques de l’université bourgeoise, gestion particulière des privilèges académiques, importance de la sociabilité intellectuelle et familiale.
Enfin, l’étude de la surveillance par la Stasi met en lumière un jeu complexe de loyautés, de suspicions et de protections : bien que suivi de près, Jürgen Kuczynski bénéficie d’un capital politique et scientifique qui limite la capacité des services à intervenir frontalement, tandis que l’entourage – collaborateurs et collaboratrices, élèves, proches – se révèle souvent peu fiable comme source d’information, ce qui signale l’existence de solidarités fortes et de zones d’opacité au sein de cette élite. En articulant biographie et histoire sociale des élites intellectuelles, la thèse montre ainsi que la RDA n’a pas tant supprimé les élites qu’elle a réagencé, sous l’étiquette d’Intelligenz socialiste, des continuités profondes de l’habitus bourgeois, faisant de la figure du « marxiste bourgeois », non une exception, mais un catalyseur central de la société est‑allemande.
La romaniste est-allemande, spécialiste notamment d’Aragon, Brigitte Hocke, née en 1937, est peut-être encore dans la mémoire des germanistes de Paris 3 dont elle a été la collègue en tant que lectrice/maîtresse de conférences associée de 1986 à 1989 ou de ceux qui l’ont connue dans le cadre des échanges Erasmus entre leur université et l’université de Leipzig. Sous le titre Unterwegs in die Heimat, elle vient de faire paraître un impressionnant récit manifestement largement inspiré de sa vie (ainsi que l’indique la courte biographie insérée en deuxième de couverture et ainsi que le confirment de rapides recherches[1]) qu’elle publie néanmoins pourvu de l’indication générique « roman » qui lui laisse davantage de souplesse dans l’écriture.
Entretien avec Daniel Argelès sur la traduction d’Utz Rachowski
par Élisa Goudin-Steinmann
ÉGS : Tu accueilles l’auteur allemand Utz Rachowski à Paris pour une série de lectures[1] à l’occasion de la parution en Allemagne, au cours de l’année 2026, de ses Œuvres en trois volumes, dont tu as dirigé le 1er tome, consacré à la poésie[2]. Tu as aussi écrit quelques articles sur lui – et tu as publié un recueil de ses textes dans une édition bilingue français-allemand[3]. Comment es-tu venu à Utz Rachowski et à l’idée de le traduire ?
DA : Au départ, il y a, je crois, une émotion : en 2009, au printemps, lors d’un voyage avec des étudiants, j’ai visité la prison de la Stasi à Hohenschönhausen, dans le nord de Berlin-Est. C’était une visite guidée par un ancien détenu, qui m’a beaucoup marqué. Et, quelques mois plus tard, lors d’un colloque à Bath (GB) sur les 20 ans de la chute du Mur, j’ai rencontré Utz Rachowski, qui était invité à la fois en tant qu’écrivain et « témoin » de l’histoire, puisqu’il avait fait un an de prison en RDA en 1979-80 pour la rédaction de cinq poèmes et la diffusion de quelques autres, jugés séditieux. À Bath, il avait lu un texte en prose et parlé après la projection d’un film, Jeder schweigt von etwas anderem (2006), qui porte sur trois familles de victimes de la dictature (dont la sienne) et l’impact de la persécution sur les différentes générations. Continuer la lecture de « Daniel Argelès traducteur d’Utz Rachowski : un entretien »
L’ouvrage « Inégalités oubliées. Récits biographiques de professeur.e.s est-allemand.e.s » revient sur l’unification telle qu’elle a eu lieu dans les établissements d’enseignement supérieur de RDA. Après 1989, dans ce domaine-là de la société aussi, on assiste à une transformation du système, qui doit s’adapter au paysage universitaire ouest-allemand. À côté des renouvellements de personnels, il y a également une redéfinition des objectifs d’enseignement et un changement des critères et des possibilités de promotion. Par ailleurs, la situation a souvent été défavorable aux enseignants-chercheurs est-allemands et les universités dans les Länder est-allemands ont souvent recruté des Allemands de l’Ouest.
Le recueil d’articles analyse des récits autobiographiques de professeurs est-allemands en poste ou à la retraite, au nombre de dix-huit, intégralement reproduits dans l’ouvrage. L’idée qui traverse le volume est que la transformation s’est faite sous le signe de la discrimination des Allemands de l’Est et de la construction de nouveaux objectifs en termes de carrière scientifique.
Mercredi, 03/12/2025, 16h-21h | Goethe-Institut Paris
Cinéma | Une sélection de films allemands faite par les étudiant·e·s de l’université Sorbonne Nouvelle
« En RDA, on parlait toujours d’égalité, mais cette égalité s’arrêtait avec le plein emploi. Les femmes n’étaient pas si nombreuses à occuper des postes de direction. Il fallait vraiment se battre pour y arriver. » (Fierté et caractère, 2025)
Comment le travail façonnait-il les identités féminines en RDA ? Le discours officiel célébrait la femme « pleinement intégrée » à la production, l’égalité inscrite dans la Constitution, la maternité soutenue par l’État. Mais derrière cette image idéalisée de la femme socialiste et des avancées sociales se cachait une autre réalité : celle d’une double charge, entre usine et foyer, entre émancipation promise et reconnaissance refusée.
Les films présentés donnent voix à celles qui ont vécu cette contradiction. À travers leurs gestes, leurs récits et leur humour parfois désarmant, se dessine un portrait sensible d’une génération de femmes dont le labeur, souvent invisible, a pourtant porté un monde entier.
En première partie, sont montrés des films réalisés par des femmes à l’époque de la RDA, combinant une observation documentaire dans L’équipe de Susi (1978) avec la comédie dramatique Toutes mes filles (1980) tournée dans une véritable usine. En deuxième partie un regard rétrospectif est proposé avec la première à Paris du documentaire Fierté et caractère (2025) de Gerd Kroske, cinéaste ayant travaillé pour la DEFA, qui participera à l’ensemble du programme et animera une discussion après la projection de son film. Continuer la lecture de « Programme cinéma – 3 décembre 2025 Fierté et caractère : femmes en RDA. Émancipation vécue – mythes socialistes – continuités et ruptures en Allemagne réunifiée »
Nous vous signalons la prochaine adaptation par deux comédiens d’une nouvelle de Daniel Argelès, intitulée « Les Odeurs de ma vie », parue l’an dernier dans le recueil En un souffle. Nouvelles allemandes et publiée en janvier 2023 sur notre blog, en lien avec un billet de Camille Grapa sur l’histoire de la RDA par olfaction. La nouvelle se déroule à Chicago et à Berlin-Est. Il y est question d’amour, de mémoire et d’histoire…
Angela Merkel : Liberté. Mémoires 1954-2021, écrites avec Beate Baumann Traduit de l’allemand par Corinna Gepner et Olivier Mannoni. Paris : Editions Albin Michel, 2024, 688 p.
Sous le titre de « Freiheit » (« Liberté »), Angela Merkel, l’une des femmes les plus influentes du monde politique du XXIe siècle, a publié en novembre 2024 ses mémoires de façon simultanée dans une trentaine de pays, dont la France. Dans ce récit rédigé avec Beate Baumann, son ancienne cheffe de cabinet, proche d’elle de longue date, Angela Merkel dévoile dans son autobiographie comment Continuer la lecture de « Compte rendu : Angela Merkel : Liberté. Mémoires 1954-2021, écrites avec Beate Baumann »
Cette étude explore trois ouvrages de la littérature jeunesse publiés en RDA au début des années 1960 : Sebastian, der Raketenflieger de Karl Neumann (1961), Alfons Zitterbacke hat wieder Ärger de Gerhard Holtz-Baumert (1962) et Die Rakete von Bummelsburg de Fred Rodrian (1963). Leurs jeunes protagonistes, Sebastian, Alfons et Ottokar, partagent un rêve commun : devenir cosmonautes.
Extrait de: Fred Rodrian « Die Rakete von Bummelsburg », Berlin (Est), Kinderbuchverlag, 1963
Nous vous signalons que cette conférence, donnée le 27 mai 2024 par Hélène Camarade dans le cadre de l’université populaire de Pessac, est disponible en ligne :
Katja Hoyer: Diesseits der Mauer. Eine neue Geschichte der DDR 1949-1990, übersetzt von Franka Reinhart und Henning Dedekind, Hamburg 2023, 576 S.
Un compte rendu rédigé par Hubert Guicharrousse, maître de conférences en Études Germaniques à l’université Paris Nanterre.
Née en 1985 à Guben, ville du Sud du Brandebourg traversée par la Neiße, Katja Hoyer a été socialisée dans l’Est de l’Allemagne. Diplômée d’histoire de l’université d’Iéna, elle vit et travaille depuis 2010 au Royaume-Uni, où, outre son activité d’enseignement et de recherche au King’s College et à la Royal Historical Society, elle publie dans de nombreux organes de presse, principalement anglo-saxons. Son premier livre sur l’histoire de l’Allemagne, Blood and Iron. The Rise and Fall of the German Empire 1871-1918, a été édité en 2021. Son deuxième ouvrage, consacré à l’histoire de la RDA, a été publié en anglais sous le titre de Beyond the Wall, bizarrement traduit en allemand par Diesseits der Mauer (de ce côté-ci du Mur et non « au-delà », comme dans le titre original anglais).
Le moins que l’on puisse dire est que cet ouvrage, conçu comme un compendium de l’histoire de la RDA à l’intention du grand public anglophone, a reçu un accueil extrêmement critique de la presse et de l’université allemandes, contrastant avec le succès de librairie inattendu dont il a bénéficié depuis sa parution au Royaume-Uni. Continuer la lecture de « Compte rendu. Katja Hoyer: Diesseits der Mauer. »