Ressources numériques en sciences humaines et sociales OpenEdition Nos plateformes OpenEdition Books OpenEdition Journals Hypothèses Calenda Bibliothèques OpenEdition Freemium Suivez-nous

Dire et imaginer l’espace est-allemand à travers le rap – Svea Elisabeth Dietz

East Berlin. 1975. @Thomas Hoepker -Internet Archive

 

Dire et imaginer l’espace est-allemand à travers le rap : entre ancrage local et codes globaux

Le rap est généralement considéré comme un genre à la fois mondialisé et profondément ancré dans des contextes locaux. Il repose sur un ensemble de codes esthétiques et culturels partagés[1]– tels que les beats, le flow, les structures de rimes ainsi que des thématiques récurrentes comme l’identité, les inégalités sociales ou la contestation — qui l’inscrivent dans une culture hip-hop largement diffusée à l’échelle mondiale. Dans le même temps, le rap demeure étroitement lié à des réalités locales concrètes : les variétés linguistiques et les dialectes, les contextes sociaux spécifiques ainsi que les systèmes de référence propres à un territoire façonnent les différentes manifestations du genre. Ainsi, si les morceaux de rap produits dans des pays différents sont spontanément identifiables comme appartenant à un même univers générique, ils donnent néanmoins voix à des expériences situées et développent, de ce fait, des profils esthétiques et thématiques singuliers.

Cette dynamique peut être décrite de manière particulièrement féconde à l’aide du concept de glocalization forgé par Roland Robertson. Continuer la lecture de « Dire et imaginer l’espace est-allemand à travers le rap – Svea Elisabeth Dietz »

Compte rendu du catalogue de l’exposition : Gesichter der Arbeit. Das Stahl- und Walzwerk Riesa in Werken der bildenden Kunst

Anke Fröhlich-Schauseil, Gesichter der Arbeit. Das Stahl- und Walzwerk Riesa in Werken der bildenden Kunst, Stadtmuseum Riesa mit Benno-Werth-Sammlung, 2025, 119 p.  

Compte rendu rédigé par Jean Mortier.

Ce catalogue a été publié à l’occasion de l’exposition « Visages du travail. L’aciérie et le laminoir de Riesa dans les arts plastiques » organisée au musée municipal de Riesa du 19 octobre 2025 au 29 mars 2026. Cette exposition réunissait 90 toiles et dessins réalisés entre 1945 et 1990 sur le thème du travail et de la vie ouvrière. Riesa est une ville située à quelque 50 km au nord-est de Dresde dans l’arrondissement de Meissen (Land de Saxe). Depuis le milieu du XIXe siècle, elle fut profondément marquée par l’industrie sidérurgique qui employait encore, à la fin des années 1980, 12 000 personnes. Entièrement démontées entre 1945 et 1946 au titre des réparations dues à l’Union soviétique, les installations du VEB Stahl-und Walzwerke Riesa, furent néanmoins assez vite remontées, pour devenir jusqu’en 1989 une entreprise phare dans la production d’acier et le laminage.

Comme toutes les grandes entreprises de RDA, les aciéries de Riesa consacrèrent une part importante de leur budget à l’action sociale et culturelle. Rendre compte, par l’image peinte et la sculpture, Continuer la lecture de « Compte rendu du catalogue de l’exposition : Gesichter der Arbeit. Das Stahl- und Walzwerk Riesa in Werken der bildenden Kunst »

Ruth Lambertz-Pollan, Bénédicte Terrisse (dir.), Ce qui reste de la RDA: une bibliothèque est-allemande à Nantes, Symposium culture@kultur 7 (2025)

Un nouveau numéro de la revue  en ligne Symposium culture@kultur 7 (2025) est paru :

https://reference-global.com/issue/SCK/7/1

Table des matières : Continuer la lecture de « Ruth Lambertz-Pollan, Bénédicte Terrisse (dir.), Ce qui reste de la RDA: une bibliothèque est-allemande à Nantes, Symposium culture@kultur 7 (2025) »

Peinture de RDA : Uwe M. Schneede, Sighard Gille Zeitbilder. Werke aus 50 Jahren

Uwe M. Schneede, Sighard Gille Zeitbilder. Werke aus 50 Jahren, Leipzig, E.A. Seemann Verlag, 2025, 112 p.

Un compte rendu rédigé par Jean Mortier.

Il n’y a pas si longtemps encore, critiques et médias ouest-allemands n’avaient que mépris pour les œuvres figuratives à composante historique ou sociale qui étaient, si je puis dire, la marque de fabrique des peintres est-allemands œuvrant à Leipzig, ville qui était du temps de la RDA et est encore aujourd’hui la capitale de l’art figuratif. L’époque où le peintre ouest-allemand Georg Baselitz traitait les figures majeures de ce genre pictural Bernhard Heisig, Werner Tübke, Wolfgang Mattheuer, de « peignes-culs » (Arschlöcher) dont l’œuvre aurait été bonne à mettre au rebut, cette époque est belle et bien révolue.

Uwe M. Schneede, l’auteur de cette assez courte monographie illustrée de Sighard Gille, n’appartient pas à cette catégorie de personnes qui ont, au lendemain de la chute du Mur, voué l’art de RDA aux gémonies Continuer la lecture de « Peinture de RDA : Uwe M. Schneede, Sighard Gille Zeitbilder. Werke aus 50 Jahren »

Exposition : Sibylle Bergemann, Das Denkmal – jusqu’au 12 janvier 2026

Le regard de Sibylle Bergemann sur la RDA

Présentation par Stéphane Chrétien, agrégée d’allemand.

Das Denkmal est exposé à la Fondation Henri Cartier-Bresson, rue des Archives à Paris, jusqu’au 11 janvier 2026. Une série de douze photographies en noir et blanc qui dévoilent la genèse de la statue de Marx et Engels à Berlin-Est, de ses prémices en 1975 à son installation en 1986.

Née en 1941 à Berlin, Sibylle Bergemann compte parmi les photographes de renom de la RDA. Ses portraits et ses reportages paraissent à partir de 1967 dans des revues culturelles comme Das Magazin, Sonntag et Sibylle. Ses sujets de prédilection : la mode et la ville de Berlin.

Sibylle Bergemann et son mari Arno Fischer, éminent photographe lui aussi, ont habité pendant près de trente ans au 12 du Schiffbauerdamm, avec vue sur le poste frontière de la Friedrichstraße. Dans leur appartement berlinois se retrouvaient de nombreux artistes allemands de l’Est, allemands de l’Ouest et également étrangers parmi lesquels les photographes Helmut Newton, Robert Frank et… Henri Cartier-Bresson.

C’est d’abord de son propre chef, parce que le sculpteur Ludwig Engelhardt était un ami, que Sibylle Bergemann commence à photographier dès 1975 les débuts de l’élaboration de la statue de Marx et Engels. Si le projet du SED d’ériger un tel monument à Berlin remonte aux années 50, c’est seulement dans les années 70 que Ludwig Engelhardt est chargé de le réaliser. Continuer la lecture de « Exposition : Sibylle Bergemann, Das Denkmal – jusqu’au 12 janvier 2026 »

Sur le “marché” de l’art en RDA : compte rendu d’ouvrage. Rüdiger Küttner, Fragen auf Antworten,

Rüdiger Küttner, Fragen auf Antworten, Halle, Hasenverlag, 2025, 215 pages.

Compte rendu rédigé par Jean Mortier

Dès novembre 1990, quelques semaines après l’unification des deux Etats allemands, Rüdiger Küttner, fonde dans la Friedrichstraße, non loin du Check Point Charlie, la Galerie Küttner & Ebert GmbH. Ce n’était pas la première galerie privée créée au lendemain même de la chute du Mur. De nombreuses galeries indépendantes avaient vu en effet le jour dans l’année 1990, parfois à l’initiative des artistes eux-mêmes et probablement pour certaines en dehors de toute base légale, à Berlin, à Dresde, Leipzig etc.  Mais Küttner n’était pas un artiste, il avait, dès la création en 1974 du VEH[1] Bildende Kunst und Antiquitäten, l’organisme étatique chargé de la vente d’antiquités et d’œuvres d’art contemporaines[2], rebaptisé en 1976 Staatlicher Kunsthandel der DDR, occupé un poste important[3] au sein de celui-ci.

Rüdiger Küttner est donc un témoin privilégié du fonctionnement et des activités de cet organisme, dont il a été, durant 50 ans le collaborateur majeur. Son ouvrage, fondé sur ses seuls souvenirs, ne prétend pas être une « histoire » même partielle de l’institution. Bien des aspects sont sinon passés totalement sous silence, du moins si rapidement évoqués qu’il laisse parfois le lecteur sur sa faim. Ces pages ont néanmoins l’immense mérite de nous faire pénétrer dans les arcanes de l’institution, de faire la lumière sur les enjeux politiques, mais plus encore économiques de cette création, de nous introduire, de façon concrète Continuer la lecture de « Sur le “marché” de l’art en RDA : compte rendu d’ouvrage. Rüdiger Küttner, Fragen auf Antworten, »

Compte rendu : Thomas Brasch. (In)actuel, intermédial, transnational, Cahiers d’études germaniques, textes réunis par Florence Baillet et Bernard Banoun, 2025.

 

Par Daniel Argelès (membre du comité de rédaction du blog)

Ce volume des Cahiers d’études germaniques, premier ouvrage entièrement consacré en France à l’écrivain allemand Thomas Brasch, vient combler un vide étonnant. En effet, cet auteur né en 1945 et décédé à l’aube du XXIe siècle (2001), que certains, songeant à la fois à sa position générationnelle et à son œuvre, ont pu qualifier de « petit-fils de Brecht » et « fils de Heiner Müller »[1] et qui connut une véritable notoriété dans le monde des lettres, du théâtre et du cinéma dans les années 1980 à la suite de son départ de RDA en décembre 1976, n’a fait pour l’instant l’objet en France que de travaux parcellaires ou ponctuels (on notera essentiellement les articles que Florence Baillet lui a consacrés dans les années 2010 et 2020[2]). De même, les traductions sont encore peu nombreuses : un recueil de nouvelles, un recueil de poèmes, une pièce de théâtre[3].

Pourtant, en Allemagne, comme l’avant-propos du dossier publié par les Cahiers d’études germaniques le souligne, cette figure inclassable Continuer la lecture de « Compte rendu : Thomas Brasch. (In)actuel, intermédial, transnational, Cahiers d’études germaniques, textes réunis par Florence Baillet et Bernard Banoun, 2025. »

Compte rendu de lecture : Anke Feuchtenberger, La Camarade Coucou

Anke Feuchtenberger, La Camarade Coucou, Futuropolis, 2024, traduction de Monique Rival

Un compte rendu rédigé par Dominique Bouchery.

Ecrire la critique de La Camarade Coucou d’Anke Feuchtenberger pour le blog Regards sur la RDA et l’Allemagne de l’Est ne semblait pas aller de soi tant le lien entre l’ouvrage et le sujet du blog peut paraitre ténu. Cependant, les romans graphiques ayant trait à la RDA traduits en français étant fort peu nombreux (voir ici la recension de celui de Birgit Weyhe, laquelle est une amie d’Anke Feuchtenberger) et La Camarade Coucou se présentant explicitement comme une autobiographie venant de l’Allemagne de l’Est, accomplir cette tâche était nécessaire.

Le livre, un épais volume de 450 pages au format in-octavo (qui n’est donc pas un format habituel de bande dessinée) se divise en 40 chapitres et une annexe. Il est le fruit de treize années de travail. Les amateurs d’histoires suivant une trame narrative continue en seront pour leurs frais : Anke Feuchtenberger ne se soucie pas de raconter une histoire de façon classique, et elle réfute même l’idée qu’il puisse exister une structure narrative classique[i].

Pour s’en tenir à ce qui est raconté dans ce récit onirique mis en image, il faut évoquer les deux personnages centraux Kerstin et Effi, Continuer la lecture de « Compte rendu de lecture : Anke Feuchtenberger, La Camarade Coucou »

Publication : Thomas Brasch. (In)actuel, intermédial, transnational

Florence Baillet, Bernard Banoun (dir.), Thomas Brasch. (In)actuel, intermédial, transnational, Cahiers d’études germaniques, n° 87, décembre 2024, EAN : 9791032005378, 374 pages, Prix : 15£

Thomas Brasch (1945-2001) est l’auteur d’une œuvre inclassable, qui traverse les genres littéraires, les arts, les médias et est à (re)découvrir. Fils d’un haut-fonctionnaire de RDA, il se heurta à la censure du régime, quitta la RDA pour la RFA, et ce parcours de vie le mit un temps sous le feu des projecteurs. Or, Thomas Brasch a toujours refusé d’être rangé dans une catégorie, que ce soit celle d’écrivain est-allemand ou de dissident de la RDA, d’auteur juif ou de membre de la génération rock. Ses travaux artistiques (récits, poèmes, films, pièces de théâtre et traductions) sont façonnés par une appréhension dialectique de l’histoire allemande et européenne, ainsi que de ses effets sur les biographies des individus : ils jouent avec l’intermédialité tout en entremêlant l’intime, le social et le politique. Première publication, en France, entièrement consacrée à Thomas Brasch, le présent volume donne à voir l’ampleur et la diversité de son œuvre. Il met également en lumière la fonction de passeur entre les langues et les cultures que Thomas Brasch assume à travers ses traductions et ses références intertextuelles multiples, à Heinrich Heine, à Bertolt Brecht, à Heiner Müller, à Tchekhov et à Shakespeare, mais aussi aux avant-gardes américaines ou russes. Les contributions réunies dans cet ouvrage s’appuient sur des matériaux d’archives inédits et permettent de la sorte au lecteur d’entrer dans l’atelier de l’artiste.

Sommaire

Avant-propos et bibliographie

Florence BAILLET et Bernard BANOUN

Allers-retours biographiques

Michel BATAILLON: “Thomas Brasch – Éléments de biobibliographie”

Entretien de Thomas BRASCH avec Michel BATAILLON: “Berlin, 1985, De Shakespeare et Marivaux à Brasch. À propos de Mercedes”

Ofer WALDMAN: “OEdipe à Charlottenburg. Thomas Brasch – reflets biographiques et littéraires”

Œuvres « inachevées », work in progress

Carola HÄHNEL-MESNARD: “Thomas Brasch et l’avantgarde russe et soviétique (Eisenstein – Tretiakov – Khlebnikov)”

Anne LEMONNIER-LEMIEUX: “Le fragment comme choix esthétique chez Thomas Brasch : un éclairage de son œuvre à partir de Vor den Vätern sterben die Söhne”

Hannah MARKUS, “„Das wenigstens hat sich geändert“. Textgenese und Poetik bei Thomas Brasch am Beispiel von Gedichten aus Der schöne 27. September”

Circulations entre médias, genres et langues

Florence BAILLET: “Les disques pour enfants de Thomas Brasch en RDA : littérature audio et point de vue d’en‑bas”

Kristin SCHULZ: “„Bleibt mir vom Hals“. Thomas Brasch im Spiegel seiner essayistischen und fiktionalen Prosa”

Marielle SILHOUETTE: “Les traductions de Shakespeare par Thomas Brasch”

Héritages et réappropriations

Bénédicte TERRISSE: “Histoire d’un cahier culte. Le numéro 89 Thomas Brasch dans la collection « Poesiealbum » (1975)”

Bernard BANOUN: “« Dans les yeux brillants de Brasch ». Emine Sevgi Özdamar et le théâtre de Thomas Brasch”

Matthias STEINLE: “„Und ich bin das Schnitzel“. Filmische Annäherungen an und mediale (Selbst-)Bilder von Thomas Brasch”

Brasch (pour) aujourd’hui

Table ronde avec Marion BRASCH, Michel BATAILLON et Jürgen KUTTNER, animée par Bernard BANOUN : “l’actualité de Thomas Brasch et de son œuvre”

Insa WILKE: “Ein Brief”

 

Colloque : 35 ans après la chute du Mur. Goethe Institut, Paris, 7 et 8 février 2025

35 ans après la chute du Mur –  Entre liberté et chute libre

Comment la chute du Mur en 1989 a-t-elle transformé l’art et la littérature en RDA ? Quel regard les artistes portent-ils aujourd’hui, 35 ans plus tard, sur cette période tumultueuse ?

Ce colloque franco-allemand explore les bouleversements sociaux et culturels radicaux de l’époque de la réunification. Elle met en lumière le fragile équilibre entre la liberté nouvellement acquise et les défis du capitalisme, comme l’explosion des loyers des ateliers et la disparition des anciens réseaux.

Des artistes, historien·ne·s et spécialistes en littérature permettront d’analyser les transformations profondes qui ont marqué le monde artistique. Les contributions des spécialistes français·e·s apporteront une richesse particulière à ce dialogue, en portant leur propre regard sur les thèmes débattus en Allemagne.

Un événement incontournable pour les passionné·e·s d’art, d’histoire et de débats sociétaux

L’événement est organisé par la Bundeszentrale für politische Bildung et le Goethe-Institut de Paris, en coopération avec l’Institut d’études transtextuelles et transculturelles (IETT – UR 4186) de l’Université Jean Moulin Lyon 3, le Laboratoire ICTT-EA 4277 (Identités culturelles, Textes et Théâtralité) d’Avignon Université et l’Université Paris Nanterre
  • Goethe-Institut Paris, Paris

  • En français et en allemand
  • Entrée libre

Un segment de mur de Berlin à Chicago

Un segment de mur de Berlin à Chicago

Anne-Laure Daux-Combaudon

À l’heure de partir en vacances, pourquoi ne pas envisager un tour du monde des segments du mur de Berlin répartis sur la planète entière ? Il existe en effet plus de 300 segments du Mur dispersés sur les cinq continents du globe[1]. On en trouve en France et dans plusieurs autres pays européens (12), mais aussi en Afrique du Sud, en Australie, en Argentine, au Costa-Rica, au Mexique, au Canada et aux États-Unis – 23 États, 44 segments.

Dans l’État de l’Illinois (États-Unis), à Chicago, un segment du mur de Berlin est exposé depuis 2008 dans la station de métro Western Station sur la brown line (ligne marron), dans le quartier de Lincoln Square. “Exposé” n’est pas tout à fait le mot juste : le segment du Mur est plutôt posé, presque oublié. On s’étonne d’abord de la présence d’un morceau de ce mur historique sur le territoire américain, on s’interroge sur sa raison d’être à cet endroit, on est surpris aussi par sa présence dans un espace public.

La ville de Chicago s’est vu offrir un segment du mur de Berlin par le gouvernement de Berlin en 2006. Le geste visait à remercier les États-Unis d’avoir aidé à sécuriser la liberté de Berlin et le processus de réunification[2]. Le choix de l’emplacement relève de l’initiative conjointe du consul général allemand Wolfgang Drauz, du maire du 47ème district de Chicago Gene Schulter et du président de la société des transports de Chicago (the Chicago Transportation Society, CTA) Ron Huberman. Objectifs touristiques (attirer plus de monde dans le quartier) et économiques (attirer plus de monde sur la ligne de métro) se mêlent aux questions de mémoire. Les associations allemandes et germano-américaines ont soutenu le projet. Continuer la lecture de « Un segment de mur de Berlin à Chicago »

Exposition Gottfried Reichel, sculpteur de RDA – Paris, Temple du Marais, 9 au 16 mars 2024.

(Der Beter- le priant)

Catherine Talandier, germaniste et autrice d’une thèse sur les Eglises protestantes en RDA ( publiée en 1994 sous le titre : Au-delà des murs: Les Églises évangéliques d’Allemagne de l’Est, 1980-1993, Paris, Labor et Fides, 1994) organise une exposition du sculpteur allemand Gottfried Reichel.  Elle permettra de découvrir certaines de ses œuvres pour la première fois en France.

Gottfried Reichel passe son enfance dans un village des Monts Métallifères (Saxe). Il grandit dans une famille de mineurs et d’artisans sur bois et se familiarise dès le plus jeune âge avec la tradition artisanale de la sculpture sur bois de sa région.

Influencé par l’idéologie nationale-socialiste, Continuer la lecture de « Exposition Gottfried Reichel, sculpteur de RDA – Paris, Temple du Marais, 9 au 16 mars 2024. »

Exposition Halle am Meer à la Moritzburg

Exposition d’été de la Moritzburg : « Halle am Meer »

Du 24 juin au 17 septembre 2023

Künstler: Lothar Zitzmann | Titel: Auf dem Urlauberschiff | Datierung: 1968 | Institution/ Museum: Kulturstiftung Sachsen-Anhalt, Kunstmuseum Moritzburg Halle (Saale) | Foto und abgebildetes Werk sind urheberrechtlich geschützt. Foto: Punctum/Bertram Kober © VG Bild-Kunst, Bonn 2023

Le musée d’art de Halle, la Moritzburg, propose cet été une exposition qui retrace 130 ans de liens unissant les artistes de Halle et l’ancien village de pêcheurs d’Ahrenshoop, situé au bord de la mer Baltique sur la presqu’île du Darß, devenu villégiature pour les artistes depuis la fin du XIXème siècle. L’exposition est répartie de façon chronologique sur deux lieux. La vie de la colonie d’origine, de 1892 aux années 1930, est retracée dans l’exposition de la galerie Talstrasse : la première « maison de peintres » des sœurs Anna (1852-1921) et Bertha Gerresheim (1846-1916), véritablement lancée par les stages de peinture pour femmes de Paul Müller-Kaempff (1861-1941) attire alors les artistes las des grandes villes. S’inscrivant dans certains courants de pensée de cette époque (critique de l’industrialisation et de l’urbanisation, naturisme, vie dans la nature), ils trouvent leur inspiration dans les paysages maritimes, peignent le ciel, la mer, le « Bodden » (petit golfe peu profond) et des habitants qui, à leurs yeux, vivent encore en harmonie avec la nature[1].

Le village tient lieu de refuge pendant la République de Weimar et surtout après 1933, par exemple pour Gerhardt Marcks qui s’y retire complètement après avoir été exclu de l’école d’art de Burg Giebichenstein par les nazis en 1933. Jusque dans les années 1940, Ahrenshoop Continuer la lecture de « Exposition Halle am Meer à la Moritzburg »

Séminaire à Nantes, 12 mai 23, hybride : Sibylle Goepper (Université Jean Moulin – Lyon III / IETT): « Le fonds Jan Faktor de l’Académie des arts de Berlin: une entrée dans les archives éphémères de la Prenzlauer Berg-Szene? »

Carte d’invitation de Jan Faktor à une lecture

Pour sa troisième séance, le séminaire “Archives manquantes? Les archives et la construction de l’histoire littéraire et culturelle dans l’espace germanophone depuis 1945” accueille Sibylle Goepper (Université Jean Moulin – Lyon III / IETT): « Le fonds Jan Faktor de l’Académie des arts de Berlin: une entrée dans les archives éphémères de la Prenzlauer Berg-Szene? » La séance sera animée par Bénédicte Terrisse (Nantes Université, CRINI).

Si elle suscite depuis plusieurs décennies l’intérêt des études germaniques françaises et de nombreux autres pays, en Allemagne, la production des écrivains et artistes de RDA a toujours occupé un statut à part, à la fois dans la société et dans la recherche. Depuis 1989 et la chute du Mur, on ne compte plus les polémiques dénonçant le mauvais sort réservé à l’« autre Allemagne » et à ses artistes dans la société réunifiée : ainsi « querelle littéraire » (Literaturstreit) et « querelle des images » (Bilderstreit) se réenflamment-elles à intervalles réguliers dans l’espace public.

Plus encore que d’autres peut-être, les fonds de l’ancienne RDA font l’objet d’une « politique » d’exposition, de conservation et d’archivage (y compris dans sa version négative) qu’il convient d’interroger. De l’analyse des critères adoptés et des choix opérés dans ce domaine découle en effet la mise en lumière d’enjeux et de mécanismes de canonisation, dans un champ culturel contemporain qui reste surdéterminé par les champs sociétal, politique et par l’Histoire.

https://reigenn.hypotheses.org/

En matière de visibilité et de postérité de certains fonds d’archives, les angles d’attaque peuvent être démultipliés et complexifiés à l’extrême : Berlin/Province, artistes restés en RDA ou passés à l’Ouest, Continuer la lecture de « Séminaire à Nantes, 12 mai 23, hybride : Sibylle Goepper (Université Jean Moulin – Lyon III / IETT): « Le fonds Jan Faktor de l’Académie des arts de Berlin: une entrée dans les archives éphémères de la Prenzlauer Berg-Szene? » »

Parution : L’Est à l’Ouest – Trajectoires, expériences et modes d’expression des intellectuels, écrivains et artistes émigrés hors de RDA

Nouveau numéro des Cahiers d’études germaniques :

L’Est à l’Ouest

Trajectoires, expériences et modes d’expression des intellectuels, écrivains et artistes émigrés hors de RDA
Dir. : Emmanuelle Aurenche-Beau, Sibylle Goepper, Anne Lemonnier-Lemieux, Ralf Zschachlitz.

 

Cet ouvrage présente et analyse le cheminement d’écrivains et d’artistes plasticiens qui ont quitté la RDA et se concentre sur la période comprise entre le moment de leur passage à l’Ouest et la réunification de 1990. Les contributeurs de ce numéro ont exploré la réalité d’un « seuil » autre que celui, très étudié, de la chute du Mur, en se penchant sur les conséquences, moins connues, de cette Übersiedlung sur leur production artistique. Ils mettent en lumière la variété des réactions à ce qui constituait une rupture biographique, politique et esthétique forte, mais aussi la similitude des stratégies adoptées pour continuer à écrire, peindre et exister dans l’espace public occidental. Entre la césure franche et le choix de la continuité, cet ouvrage dessine les contours d’une adaptation protéiforme. Les études individuelles sont précédées de quatre articles généraux fournissant des outils pour appréhender le phénomène qui, conçu comme un exil littéraire et artistique interallemand, tend vers l’extraterritorialité (Walter Schmitz), appelle des comparaisons avec d’autres exils (Gisèle Sapiro, Patrick Farges), et interroge la translocation des bibliothèques (Bénédicte Terrisse). Si certains ont éprouvé un net sentiment d’exil (Fuchs, Rachowski) ou au contraire insisté sur la continuité (Kirsch, Brasch, Eckart, Lange-Müller), d’autres encore ont joué les médiateurs ou les trouble-fête (Kantorowicz, Johnson, Kunert, Loest, Maron). Les artistes plasticiens (Loewig, Kerbach, Herrmann, Grimmling, Dammbeck, Stelzmann), confrontés au monde de l’art occidental, élargissent pour finir l’horizon de cette étude.