
Publication : Über Utz Rachowski (Dir. Daniel Argelès et Walter Schmitz)

Regards sur la RDA et l'Allemagne de l'Est
Un carnet des germanistes du CEREG, Université Paris Nanterre et Université Sorbonne Nouvelle


Entretien avec Daniel Argelès sur la traduction d’Utz Rachowski
par Élisa Goudin-Steinmann
ÉGS : Tu accueilles l’auteur allemand Utz Rachowski à Paris pour une série de lectures[1] à l’occasion de la parution en Allemagne, au cours de l’année 2026, de ses Œuvres en trois volumes, dont tu as dirigé le 1er tome, consacré à la poésie[2]. Tu as aussi écrit quelques articles sur lui – et tu as publié un recueil de ses textes dans une édition bilingue français-allemand[3]. Comment es-tu venu à Utz Rachowski et à l’idée de le traduire ?
DA : Au départ, il y a, je crois, une émotion : en 2009, au printemps, lors d’un voyage avec des étudiants, j’ai visité la prison de la Stasi à Hohenschönhausen, dans le nord de Berlin-Est. C’était une visite guidée par un ancien détenu, qui m’a beaucoup marqué. Et, quelques mois plus tard, lors d’un colloque à Bath (GB) sur les 20 ans de la chute du Mur, j’ai rencontré Utz Rachowski, qui était invité à la fois en tant qu’écrivain et « témoin » de l’histoire, puisqu’il avait fait un an de prison en RDA en 1979-80 pour la rédaction de cinq poèmes et la diffusion de quelques autres, jugés séditieux. À Bath, il avait lu un texte en prose et parlé après la projection d’un film, Jeder schweigt von etwas anderem (2006), qui porte sur trois familles de victimes de la dictature (dont la sienne) et l’impact de la persécution sur les différentes générations. Continuer la lecture de « Daniel Argelès traducteur d’Utz Rachowski : un entretien »

Passé d’une dictature socialiste à une autre, Jan Faktor, écrivain né à Prague en 1951, fait ses débuts dans l’underground de Berlin-Est en 1978. À l’aube d’une décennie marquée par une effervescence artistique inédite malgré l’emprise du régime, la République démocratique allemande (RDA) devient le terrain d’une rébellion où fusion des arts et expérimentation avant-gardiste font figure de mots d’ordre.
Pourtant, cette dynamique s’interrompt brutalement moins de dix ans plus tard, non pas tant avec la chute du mur de Berlin qu’avec le scandale des espions de la Stasi infiltrés au sein des cercles alternatifs. Cette affaire entache durablement toute une génération d’artistes, Jan Faktor inclus.
Cette première monographie entreprend de mettre en lumière cette figure complexe et son œuvre en retraçant le parcours d’un enfant de l’Est, qui puise dans les avant-gardes proscrites de l’Ouest pour façonner son style et sa voix au cœur de la RDA des années 1980, puis au-delà. Poèmes, essais, romans, mais aussi performances semi-légales dans des appartements privés, composent une œuvre hybride et subversive. Ces lectures-performances, nées sous le joug de la censure, intriguent par leur persistance bien après la clandestinité.
Au centre de cet ouvrage, on découvre un créateur singulier : écrivain, performeur, sportif téméraire, bricoleur frénétique, mais aussi fils de rescapées de la Shoah et adolescent marqué par la répression du Printemps de Prague. Sur scène, il se donne à corps perdu, libérant ses émotions dans un acte artistique cathartique et audacieux, une quête vers la résilience.

Gregor Streim, Rebecca Franke (Hg.)
Lyrik und Jugend in der DDR- Aufsätze,
Interviews und Dokumente zur FDJ-Poetenbewegung
Oktober 2024, 318 S.,
Die Förderung des literarischen Schreibens im Rahmen der FDJ Poetenbewegung ist ein von der Forschung bisher kaum beachtetes Phänomen der DDR-Massen- und Jugendkultur: In den 1970er und 1980er Jahren beteiligten sich tausende »junge Poeten« an dem Programm. Die Beiträgerinnen und Beiträger analysieren die Strukturen der Förderung, die damit assoziierten Publikationen sowie das institutionelle Umfeld, wie
die Bewegung Schreibender Arbeiter und die Singebewegung. Ergänzend bieten Interviews (u.a. mit Lutz Seiler) und ein umfangreicher Anhang, der Aufrufe, Zeitungs- und Zeitschriftenbeiträge sowie Konzeptionspapiere des Zentralrats der FDJ enthält, einen einzigartigen Einblick in die Materie.
Gregor Streim (Prof. Dr. phil.), geb. 1964, hat den Lehrstuhl für Neuere und neueste deutsche Literatur an der Friedrich-Schiller-Universität Jena inne. Seine Forschungsschwerpunkte liegen im 20. Jahrhundert.
Rebecca Franke (M.A.), geb. 1993, ist wissenschaftliche Mitarbeiterin im DFG-Forschungsprojekt »Die ›Sammlung Kratschmer/Würtz‹ und die Jugendlyrik der DDR« an der Friedrich-Schiller-Universität Jena.
https://www.transcript-verlag.de/detail/index/sArticle/7167/sCategory/310000075

Foto: SWR Kultur
Als Elke 2020 mit dem Büchner-Preis ausgezeichnet wurde, jubelte ich. Erzählte meinem Mann von ihr und dem Preis. Wir öffneten eine Flasche Sekt und stießen auf ihre Gesundheit an.
Fünfzehn Minuten lief ich zu ihr in die Rheinsberger Straße. Durch grauschwarze Straßen, Kohlen wurden ausgefahren, Braunkohlenbriketts, die in Staub zerfielen, wenn ich sie nur mal scharf ansah. Rußig alles. So gut es ging, hatte man sich hier in den abgenutzten und vom Krieg beschädigten Häusern eingerichtet, die meisten Wohnungen hatten noch Außentoiletten. Verschlissen alles. Stimmen Betrunkener lärmten durch den düsteren Nachmittag, dazwischen erhaschte mein Ohr das metallische Zirpen eines Musikinstruments, das aus einem geöffneten Fenster kam. Prenzlauer Berg, der meinem Gefühl nach unglückseligste Stadtbezirk dieser Hauptstadt. Ganz anders sah Elke das, für sie war es der Beste. Zum Dichten ideal. Continuer la lecture de « Un hommage de Gabriele Eckart à Elke Erb. Texte inédit – en allemand. »
Nouveau numéro des Cahiers d’études germaniques :
Cet ouvrage présente et analyse le cheminement d’écrivains et d’artistes plasticiens qui ont quitté la RDA et se concentre sur la période comprise entre le moment de leur passage à l’Ouest et la réunification de 1990. Les contributeurs de ce numéro ont exploré la réalité d’un « seuil » autre que celui, très étudié, de la chute du Mur, en se penchant sur les conséquences, moins connues, de cette Übersiedlung sur leur production artistique. Ils mettent en lumière la variété des réactions à ce qui constituait une rupture biographique, politique et esthétique forte, mais aussi la similitude des stratégies adoptées pour continuer à écrire, peindre et exister dans l’espace public occidental. Entre la césure franche et le choix de la continuité, cet ouvrage dessine les contours d’une adaptation protéiforme. Les études individuelles sont précédées de quatre articles généraux fournissant des outils pour appréhender le phénomène qui, conçu comme un exil littéraire et artistique interallemand, tend vers l’extraterritorialité (Walter Schmitz), appelle des comparaisons avec d’autres exils (Gisèle Sapiro, Patrick Farges), et interroge la translocation des bibliothèques (Bénédicte Terrisse). Si certains ont éprouvé un net sentiment d’exil (Fuchs, Rachowski) ou au contraire insisté sur la continuité (Kirsch, Brasch, Eckart, Lange-Müller), d’autres encore ont joué les médiateurs ou les trouble-fête (Kantorowicz, Johnson, Kunert, Loest, Maron). Les artistes plasticiens (Loewig, Kerbach, Herrmann, Grimmling, Dammbeck, Stelzmann), confrontés au monde de l’art occidental, élargissent pour finir l’horizon de cette étude.
En 2018, Alain Lance publiait ce texte.
Les 90 ans de Gerhard Wolf

© Alain Lance, 2003, île de Ré.
Ce samedi 20 octobre, plus de cent quarante personnes étaient réunies à Berlin pour témoigner à Gerhard Wolf leur admiration et leur amitié à l’occasion de son quatre-vingt-dixième anniversaire. Famille, amis, écrivains, artistes, éditeurs, d’Allemagne, de France, d’Italie et d’ailleurs. Mari de Christa Wolf, Gerhard fut son précieux et attentif soutien, comme en témoignent de nombreux écrits de la romancière, par exemple Un jour dans l’année (Fayard) ou Lire écrire vivre (Christian Bourgois). Les écrits de Gerhard Wolf sont par contre moins connus hors d’Allemagne, alors qu’il a joué un rôle considérable dans les domaines de la poésie et des arts. D’abord journaliste littéraire à la radio de la RDA puis lecteur dans différentes maisons d’édition, il est l’auteur de plusieurs livres consacrés à des poètes allemands, notamment Hölderlin et Bobrowski. En 1976 il fut, avec Christa, l’un des auteurs de la pétition protestant contre la décision des dirigeants de la RDA de priver le chansonnier Wolf Biermann der ses droits civiques. Ce qui lui valut d’être exclu du parti SED. En 1988 il créa aux éditions est-allemandes Aufbau une collection de poésie intitulée Ausser der Reihe, où il publia de nouveaux auteurs encore marginaux avant de fonder en 1990 sa propre maison d’édition, Janus Press.
Christa et Gerhard Wolf ont publié ensemble des essais sur les écrivains romantiques allemands. Et c’est également avec Christa qu’il écrivit le scénario du film Till Eulenspiegel. Au cinéma encore, le plus grand réalisateur est allemand, Konrad Wolf (sans lien de parenté avec Christa et Gerhard) l’associa à l’écriture du scénario du film Ich war neunzehn (J’avais dix-neuf ans). Gerhard a également publié, parfois avec Christa, de nombreux essais sur des peintres contemporains. Dans quelques semaines va d’ailleurs paraître un livre rassemblant, avec de nombreuses reproductions, la correspondance de Christa et Gerhard Wolf avec le peintre Carlfriedrich Claus (1930-1998). Cet artiste avant-gardiste qui s’intéresse tout particulièrement aux zones situées à la marge de la langue, aussi bien orale qu’écrite, était déjà connu à l’Ouest quand il commença à être exposé dans son pays, en RDA, au milieu des années soixante-dix. Lors de cette fête d’anniversaire, les éditions Radius de Stuttgart ont présenté le livre de Gerhard Wolf qui venait des sortir des presses : Im deutschen Dichtergarten – Lyrik zwischen Mutter Natur und Vater Staat (Dans le jardin allemand des poètes – Poésie entre mère nature et père État). Précédé d’un essai de Friedrich Dieckmann, ce volume de 450 pages rassemble des études écrites par Gerhard Wolf au cours de cinq décennies consacrées à des poètes de la RDA et notamment Erich Arendt, Stephan Hermlin, Günter Kunert, Karl Mickel, Elke Erb, Sarah Kirsch et Volker Braun. Continuer la lecture de « Hommage à Gerhard Wolf, décédé le 7 février 2023. »
Volker Braun
Grande fugue
traduit et présenté par Alain Lance
En mars-avril 2020, Volker Braun a écrit ce cycle de poèmes inspiré par la pandémie. Comme parfois dans sa poésie, on trouvera des allusions ou des citations. Ici Shakespeare, Hölderlin, Karl Mickel ou Ezra Pound. Ou encore Greta Thunberg à la fin du poème Citoyens du vent. La personne évoquée dans le poème Le paria est Rudolf Bahro, qui était un philosophe critique en RDA, emprisonné puis expulsé en RFA. C’était un ami de Volker Braun, qui lui avait dédié le poème Bruno : Comment faire avec l’hérétique/Inutile de lui montrer les instruments:/ Il les a décrits/ Il persiste dans sa position hostile:/ C’est la Terre qui se déplace./ Les inquisiteurs n’en croient pas leurs oreilles/En taule il fait de l’agitation parmi les moines/Comme s’ils ne savaient pas où Dieu se trouve/La torture n’opère pas : il chante un Te Deum/Que faire de lui ? L’enfer n’en voudra pas/ Le bûcher serait une solution, mais elle n’est pas nouvelle.

Le livre dont sont extraits ces poèmes, Große Fuge, est paru en 2021 aux éditions Suhrkamp.
CATARRHSIS
La ville est mise au repos
comme un malade de la peste
Paix matinale jusqu’à minuit
Rues déshumanisées, comme libérées
de la gale
Des clients. Le sénat ferme les bistrots
Les stades se vident de l’UNION DE PLOMB. Les musées
Des momies
de marbre, les théâtres des esprits
HALTE. QUI VA LÀ/NON, Á TOI DE ME RÉPONDRE
Pas devant le public, pas en cette saison.
Claustrophobie respiration courte catarrhe dans l’industrie culturelle, pour une fois
Toute la (niaiserie) à l’arrêt. UNE ANNÉE SANS ART
C’est ainsi qu’on se calme, bande de dilettantes.
Le secours alimentaire lui aussi
est fermé,
mesure préventive
Mais having non (les sans-le-sou) hath no care to defend it.
La chancelière déconseille les contacts sociaux.
Des patrouilles de police
vont voir s’il ça vit encore
Que faisiez-vous en deux mille vingt ? – Lavage des mains
Pas de shakehands, mais par précaution le salut
Allemand. Le Seigneur retire son doigt dans la Chapelle Sixtine
Pour ne pas être contaminé
dans le groupe à risque
Des trop âgés, un (dieu) sur quatre meurt.
Une ombre en passant te met à nu, un souffle blême
Tutoie tes bronches, tu inspires
Dans l’anthropocène
The scientists are in terror
Ant the European mind stops (Canto CXV)
La Chine élimine le mal avec une prise
Étranglement bras-tête (: tousser au creux du coude)
Apprenez, continents, à faire bouillir la lave.
Continuer la lecture de « Volker Braun “Grande Fugue” – “Große Fuge” »
Un compte rendu rédigé par Katja Schubert, maître de conférences en littérature allemande contemporaine à l’université Paris Nanterre.
Stephan Pabst, Sylvie Arlaud,Bernard Banoun, Bénédicte Terrisse (Hg.): Wolfgang Hilbig und die [ganze] Moderne, Berlin, Verbrecher Verlag, 2021, 335 Seiten.
Bernard, Banoun, Bénédicte Terrisse, Sylvie Arlaud, Stephan Pabst (Hg.): Wolfgang Hilbigs Lyrik. Eine Werkexpedition, Berlin, Verbrecher Verlag, 2021, 479 Seiten.

« Also leben habe ich nicht gelernt, aber schreiben – denke ich manchmal[1] ».
Hervorgegangen aus einem deutsch-französischen Forschungsprogramm, das die Untersuchung des Werks von Wolfgang Hilbig mit Fragen zur Ost-West-Moderne verknüpfte, sind im Berliner Verbrecher Verlag im April 2021 die zwei Bände Wolfgang Hilbig und die [ganze] Moderne und Wolfgang Hilbigs Lyrik. Eine Werkexpedition erschienen.
Im Zentrum beider Publikationen steht die im Vergleich zur Prosa weniger bekannte Lyrik. Der erste Band legt den Akzent auf Fragen der Zugehörigkeit zur Moderne von Hilbigs Poetik, der zweite Band versteht sich vor allem als Bilanz und Anregung zur weiteren Erkundung von Hilbigs poetischem Werk. Beide Bände haben als weiteren Schwerpunkt auch rezeptionsgeschichtliche Fragen, d.h. Hilbig als Leser moderner Autorinnen und Autoren des 19. und 20. Jahrhunderts und wie deren Werk in sein eigenes Dichten einfloss. Continuer la lecture de « Deux nouveaux ouvrages sur l’œuvre de Wolfgang Hilbig »
Notre éditeur Daniel Argelès publie en édition bilingue des textes de l’auteur est-allemand Utz Rachowski (Éditions de l’Ecole Polytechnique). Ils sont ainsi accessibles pour la première fois aux francophones.
Table des matières et extrait à lire sur le site de l’éditeur: https://portail.polytechnique.fr/editions/catalogue/langues-et-cultures/la-litterature-en-bilingue/utz-rachowski-la-lumiere-des-jardins-das

Né en 1954 en Allemagne de l’Est, Utz Rachowski a écrit deux magnifiques nouvelles sur des journées d’été ayant marqué l’histoire du XXe siècle : la construction du Mur le 13 août 1961 et la répression du Printemps de Prague par les chars du Pacte de Varsovie le 21 août 1968. Narrées du point de vue d’un enfant et d’un jeune adolescent, Continuer la lecture de « Publication – Utz Rachowski : La lumière des jardins/Das Licht aus den Gärten »
Colloque L’EST À L’OUEST : trajectoires, expériences et modes d’expression des intellectuels et artistes émigrés hors de RDA – Der Osten im Westen: Lebens(ver)läufe, Erfahrungen, Ausdrucksformen von ausgereisten Intellektuellen und Künstlern der DDR

Roger Loewig, Eine deutsche Herbstlandschaft © VG Bild-Kunst, Bonn 2021
Colloque international organisé à distance du 25 au 27 mars
et le 09 avril 2021 par Emmanuelle Aurenche-Beau,
Sibylle Goepper, Anne Lemonnier-Lemieux, Ralf Zschachlitz.
Université Lyon 2, Université Lyon 3, ENS Lyon, Goethe Institut
Soirée conférences, poèmes et aquarelles
https://www.goethe.de/ins/fr/fr/sta/lyo/ver.cfm?fuseaction=events.detail&event_id=22129061
Cette soirée donnera le coup d’envoi du colloque international « L’Est à l’Ouest : trajectoires, expériences et modes d’expression des intellectuels et artistes émigrés hors de RDA » organisé à distance les 25, 26, 27 mars et le 9 avril 2021.
Un compte rendu rédigé par Daniel Argelès.
Alors que l’on s’apprête à commémorer les trente ans de la chute du Mur – à s’interroger sur ce qu’il reste de la RDA dans les domaines politique, social, culturel, mais aussi sur l’évolution des nouveaux Länder dans l’Allemagne réunifiée et la mondialisation – la lecture de Lyrik nach 1989 apporte un éclairage intéressant. Continuer la lecture de « Compte rendu : Poètes de RDA – Sibylle Goepper et Cécile Millot (éds.), Lyrik nach 1989. Gewendete Lyrik ? Gespräche mit deutschen Dichtern aus der DDR, mitteldeutscher verlag, 2016. »
à l’occasion de la parution de Poèmes choisis (Gallimard)
traduits par Jean-Paul Barbe et Alain Lance
Préface d’Alain Lance
http://adeaf.net/Lectures-de-Volker-Braun
http://www.gallimard.fr/Catalogue/GALLIMARD/Poesie-Gallimard/Poemes-choisis2